D'Ochheuteal à Sokha beach

La route des plages : d'Ochheuteal beach à Sokha beach

Aujourd’hui, c’est une journée libre sans guide qui nous attend. Sihanoukville est réputée à travers le pays pour ses magnifiques bancs de sables blanc ou crème, sa mer calme turquoise dont la surface argentée, semblable à une plaque miroitante, reflète les derniers rayons du soleil … Alors visiblement nous n’avons pas vraiment le choix, notre journée aura pour but d’explorer ces plages par le moyens de nos simples pieds !

 

 

Nous nous levons tranquillement au « rythme cambodgien », vers les sept heures du matin, et quittons notre chambre en détournant la belle piscine de l’hôtel pour nous rendre au restaurant et prendre notre petit-déjeuner. Cela faisait bien longtemps que nous n’avons plus ressenti l’arôme si onctueux et la douceur du chocolat fondre sou nos langues… ce pourquoi les mini pains au chocolat et les croissants tortillés ne peuvent pas tomber plus à pic. Tout en planifiant la journée nous engloutissons la dernière bouchée exquise de nos pâtisseries d’où émane une voluptueuse odeur sucrée, après quoi nous finissons par sortir de notre hôtel l’orchidée. Rassasiés et de bonne humeur, nous sommes fin prêts à profiter de l’air maritime apporté par les brises de vents provenant de l’horizon du Golfe de Thailande.

golden lion traffic circle », rond-point au centre duquel se trouvent deux lions géants au pelage doré, implanté sur l’axe central du quartier d'Ochheuteallà rien de bien impressionnant. Nous apercevons quelques routards. Aucun enfant. Un Tuk Tuk nous interpelle, ayant remarqué notre discrète présence, une carte à la main et à la rechercher de la route des plages. Nous lui indiquons que nous ne souhaitons disposer de ses services étant donné que nous préférons effectuer les distances uniquement à pied. Nous devons néanmoins avouer que la station parait très bien desservie grâce à ses multiples routes et quelques moyens de transports, essentiellement des tuks tuks. Cela n’est pas forcément le cas pour le reste du territoire.

A plusieurs reprises nous refusons l’aide des tuk tuk en vadrouille, qui continuent désespérément leur route à la recherche de touristes. Nous ne nous en faisons pas de souci pour eux, ils ne tarderont pas à trouver leur bonheur près des hôtels de luxe, aux heures de pointes. Ainsi nous  constatons un premier point positif de la ville : nous ne manquons pas de moyens de transport. Malheureusement les chauffeurs ne peuvent reposer sur des touristes tels que nous pour allonger leur maigre salaire : la marche à pied nous suffit amplement pour nous déplacer et découvrir les coins les moins visités des plages. En revanche, étant donné que a ville semblent très étalée géographiquement, nous posséderons toujours d’une alternative pour effectuer de longues distances, si l’occasion venait se présenter à nous.

 

 

Nous dépassons le rond-point aux lions d’or. Après maintes tergiversions, nous concluons sur un passage court qui nous permettra d’atteindre rapidement la plage la plus proche. Nous rangeons notre carte de la ville et bifurquons sur la voie de gauche avant d’atterrir 200 mètres plus loin sur le sable d’Ochheuteal beach. La première chose que nous remarquons est la texture rugueuse de son sable fin, dont la surface, crème et marbrée, nous masse agréablement la plante des pieds. Nous profitons de cette douceur cotonneuse plusieurs instants. Au sol nous remarquons la formation de petits terriers desquels jaillissent par intermittence de minuscules crabes transparents que nous nous amusons à chasser avec les oreilles de nos pieds blancs. La teinte de leurs carapaces si fragiles se mêle à celle des grains de sables humides. Leurs petites orbites noires semblent nous foudroyer du regard.

Quand ce jeu vient à nous ennuyer,  nous décidons enfin de lever la tête, de tourner le visage vers l’horizon inconnu. Le plus difficile est de garder nos yeux ouverts assez longtemps pour pouvoir capturer la beauté du paysage qui se révèle à nous, avec la sombre désillusion de devoir le quitter dans quelques jours. Au loin, les frontières effilées de multiples iles boisées colorent d’une touche émeraude le bleu écrasant de l’océan. Les vagues, roulantes et calmes, apportent quant à elles le mouvement à ce paysage, qui aurait paru bien morne en son absence. L’eau, cristalline aux éclats de diamants lui ajoute sa richesse, sa tendresse et la mélodieuse harmonie qui nous délecte au gré de notre balade. 

De nombreux petits bars bordent la mer mais très peu sont remplis en cette matinée. La première partie de la plage est très bien entretenue, sans aucun déchet et aménagée selon des gouts très occidentaux mais deux cent mètres passés, les cabanes campagnardes remplacent les bars et les détritus jonchent à nouveau le banc de sable mouillé, la plupart proviennent des poubelles des habitants locaux ayant choisi la côté pour installer habitations en bois et en tôles. 

Rapidement, au fur et à mesure que nous nous enfonçons sur l’étendue interminable de sable chaud,  la solitude nous gagne. Nous n’apercevons plus aucune personne, ni allongée sur le sable ni barbotant dans l’eau tiède et calme. Une multitude de crabes blancs semblent avoir colonisé la plage laissant derrière eux de minuscules boulettes de sable mouillé. J’imagine que ce fut un travail harassant pour ces petits crustacés, de dégager un tunnel souterrain, jusqu’à une profondeur adéquate et ainsi s’éloigner des risques des prédateurs. Ce  qui semble étrange, outre l’absence de gens, est aussi le brusque changement de la couleur du sable dont l’étendue aboutit au flanc d’une pointe rocheuse. Du sable crème nous passons à des grains gris clairs parsemés de paillettes noires et blanches : étrange. Mais notre attention se porte au loin. Nous suivons du regard quelques silhouettes ombragées. Après plusieurs secondes elles prennent forme et nous dévoilent leur identité. C’est un choc. Un troupeau de vaches se baladant sur le sable du Cambodge. Qui a déjà eu la chance d’observer cela ??

 

Après une heure de marche, derrière l’impressionnante bute rocheuse que nous traversons par un passage aménagé à l’intérieur d’un hôtel, nous atterrissons à Otres Beach. A l’horizon, nous pouvons toujours admirer la petite ile de Koh Rong. Cette dernière jouit d’une célérité effrayante. Etant donné quelques se situe relativement près de la côte, les commerces en ont fait leur préférée. Les services de la ville proposent, en effet, des prix très abordables afin de pouvoir s’y rendre en bateau à tout moment de la journée. Néanmoins, l’orage menace toujours. Même si nous mourrons d’envie de nous enfuir au large et débarquer sur cette île, cela aurait été une bêtise en prédiction du temps. La pluie ne s’est pas encore abattue sur nous depuis le début de la matinée, nous n’en demandons donc pas plus … mais pas moins non plus ! 

Nous arpentons de long en large Otres Beach dont le magnifique banc de sable diamanté n’achève de nous émerveiller. La plage reculée possède tous les atouts de séduction. Alanguies dans la crique, l’étendue de sable est aménagée de bars, de restaurants et de snacks qui offrent des salons d’extérieurs très modernes. Tout ce qui nous reste à entreprendre est de nous poser dans l’un des fauteuils, et de nous perdre dans ce paradis. Confortablement installés face à la mer , une envie irrésistible nous prend : celle de sortir un bouquin, d’écouter la douce mélodie de la baie, recrachant quelques fois de longs coquillages ondulés.

 

Déjeuner à Sihanoukville

Deux heures que nous marchons toujours plus loin sans nous arrêter. Le soleil, par sa chaleur suffocante, commence à nous brûler vivement. Nous continuons encore sur plusieurs mètres puis atteignons, assoiffés, un petit guesthouse éloigné de toutes les paillotes « luxueuses »  de la plage. Nous prenons place dans de beaux fauteuils ombragés par les épines d’un immense pin verdoyant. Nous commandons de grandes bouteilles d’eau fraiches. Buvons tout ce que nous pouvons sans parvenir à étancher notre soif. Nous nous reposons patiemment. La tranquillité de la plage est amplement reposante mais très vite nous ne tardons pas à nous en lasser.

La matinée est déjà bien avancée si bien que nous décidons de faire chemin inverse, par le petit sentier longeant la plage. Dès que nous regagnons la partie la plus luxueuse des plages, plusieurs cambodgiennes de tout âge arpentent les paillotes touristiques tout en nous offrant leurs services : certaines valsent atour de leurs plateaux de crustacés grillés, d’autres transportent leur attirail de pédicure, d’épilation et de manucure dans de larges paniers en osier. Elles insistent pour que nous leur offrions quelques dollars mais nous ne sommes aucunement intéressés.

Vers les 13 h nous retrouvons notre point de départ et nous mettons en quête d’un restaurant parmi l’immense choix qui s’offre à nous. Une bonne myriade de restaurants, de bars, de paillotes rivalisent pour attirer la clientèle peu nombreuse mais aucun d’entre eux ne déborde vraiment d’originalité. Ils sont tous aménagés de la même façon : mêmes tables et mêmes fauteuils. Seule la couleur des tissus des chaises, des parasols et des transats permet de différencier les aménagements. Or, l’amertume du départ nous chagrine et puisque nous avons le temps, nous nous préférons rechercher un lieu que nous ne pourrions facilement oublier. Nous remontons l’allée qui mène au rond-point des lions et trouvons un petit restaurant sympa avec une terrasse aménagée en lattes de bois flottant. Nous regardons la carte puis d’un accord taciturne demandons à la serveuse de prendre place sur l’une des tables vides du restaurant. Chacun de nous voyons arriver nos assiettes de poissons grillés accompagnés de leur patate douce en sauce et d’un lit de salade fraiche. Filet de thon ou de barracuda, nous dégustons tous nos plats avec beaucoup de plaisir. 

 

Sokha Beach

 

En débutant l’après-midi, nous nous rendons à Sokha beach qui se fait dominer par un complexe hôtelier, sans doute l’un des plus luxueux du pays. Sans nous en rendre compte nous le traversons tandis que  l’entrée nous y est interdite, n’étant pas des clients du palace. Cependant, la plage est  fragmentée en deux partie, coupée par un restaurant sur pilotis qui s’avance jusqu’à l’eau. Il s’agit donc de notre seul moyen pour rejoindre l’extrémité opposée sans devoir nous immerger dans l’océan jusqu’au ventre. La petite plage privée est séparée d’Ochheuteal de quelques mètres pour se terminer plus loin par un large ponton servant de port d’accostage aux bateaux de pécheurs locaux. Elle semble paradisiaque, aussi propre que les plages méditerranéennes en haute saison. Son sable blanc est sans contester le plus beau et la plus agréable que nous avons vu de la matinée. Dépourvu de bars et bordé d’allées de cocotiers, ce banc de sable légèrement cotonneux nous laisse sans voix.  Nous n’avons pas apporté nos maillots de bain croyant que les nuages ne tarderaient pas à déverser leurs milliers de larmes. Erreur de notre part : cette plage a encore beaucoup à offrir.

 

 

Chez claude..

 

Nous rentrons à l’hôtel en milieu d’après-midi puisque nous nous languissons de ces paysages sableux. De plus papa doit rattraper  beaucoup de travail tandis qu’Amandine et moi décidons d’aller faire un plongeon dans la piscine. Nous y restons tout l’après-midi malgré quelques gouttes de pluies inoffensives que les nuages pleurent en abondance. Après une bonne douche et un peu de repos, (enfin plutôt de l’ennui que du repos), nous cherchons un bon restaurant pour la soirée. Le choix est dur. Notre avis penche vers le restaurant français « Chez Claude » du côté de Sokkha beach . Celui-ci  est accessible par un mini-téléphérique, et sa terrasse située sur les hauteurs de la ville offre une vue de la baie en contrebas. Dans l’obscurité nous aurons du mal à observer le paysage mis à part quelques éclairements mais nous sommes venus pour l’excellente cuisine khmère et  occidentale qui en fait la réputation. Nous payons un tuk-tuk qui attend devant l’hôtel depuis toute la matinée, espérant trouver un client.

L’ascension en téléphérique est très divertissante, l’espèce de cabine qui accueille la clientèle est rattachée à un câble métallique tiré par un tracteur rouillé qui fait monter lentement le téléphérique. L’isolement du bâtiment en fait un endroit d’autant plus charmant notamment pour un diner en tête à tête mais aussi pour un diner en famille. Je me fais servir une généreuse assiette de beignets de crevettes qui sont une des spécialités de la propriétaire du restaurant. La friture a directement été nappée sur le corps de la crevette qui revêtit encore sa tête et ses antennes. Il n’y en a que quatre disposées dans l’assiette mais cela est amplement suffisant car étant plus grosses que des gambas, je ne sais pas si j’aurais pu en engloutir une de plus .

En tout cas, leur gigantesque taille fait de l’ombre à la portion de riz qui les accompagne. Cette alliance de couleur blanche et orangée donne une assiette très harmonieuse et plaisante à regarder… mais surtout à savourer. Papa me suit dans mon choix de plat (et pour dire, même lui a du mal à tout finir !), tandis qu’Amandine tente les beignets de poissons qui sont tout aussi délicieux … Le tuk-tuk nous raccompagne et nous rentrons nous coucher

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