Rendez-vous chez Mike

La rencontre avec Mike

Comme prévu, à 12h Vanna nous récupère à l’hôtel pour nous conduire chez son demi-frère, Mike, qui s’est marié 10 ans plus tôt avec Sri Po, la petite sœur de Vanna (37 ans) . Le trajet n’aura pas été très long puisque le couple vit en centre-ville avec leur fille qui a un an de moins que moi. Lorsque nous arrivons chez eux, avec des cadeaux pleins les mains, nous croisons très rapidement la fille de Mike qui se rend à l’école en vitesse. Nous n’avons pas vraiment le temps de faire connaissance mais avant qu’elle ne parte nous lui offrons les quelques produits de beauté que nous lui avons achetés en France. Elle nous remercie timidement en baissant les yeux et se précipite vers le portail pour partir étudier et rejoindre ses camarades  de classe ; je me demande si elle leur parlera de nous ou restera muette.

Puis nous déjeunons avec Mike qui a plutôt l’air très heureux de vivre ici avec sa femme cambodgienne avec laquelle il communique tant bien que mal un mélange de français et anglais ! Nous sommes d’autant plus surpris que celle-ci parle relativement bien français tandis que Mike  a abandonné l’idée d’apprendre le khmer qu’il a jugé bien trop difficile. La différence avec le français, sans doute la plus dure à assimiler, est le fait que dans la langue cambodgienne, les conjugaisons n’existent pas. D’autre part, les détails sous-entendus dans la langue française sont extrêmement importants en khmer pour pouvoir comprendre le contexte, par exemple: « j’ai lavé ma voiture (de couleur rouge sous-entendu) » donnera en cambodgien «  hier, moi laver la voiture couleur rouge… »

Nous faisons connaissance avec le couple puis Mike nous fait visiter sa maison qu’il a dessinée lui-même. Il nous explique qu’au Cambodge, lorsque l’on veut construire un immeuble, un appartement ou une maison, il n’est pas nécessaire de faire appel à un architecte : « tu esquisses le croquis le plus ressemblant que tu peux en  répondant à tes exigences puis tu le donnes aux maçon qui se débrouillent avec le croquis assez vaste : le résultat est toujours plus impressionnant de ce à quoi tu attendais », et sur ce point, nous voulons bien le croire, car sa maison aménagée de portes coulissantes, d’armoires, de bureaux et d’étagères en bois massif est un excellent exemple de l’habileté khmère en matière de maçonnerie!

 

Ensuite, après avoir fait un tour de la maison, nous faisons plus ample connaissance avec Sri  Po, sa femme. Puisqu’elle est la sœur de Vanna qui a 37 ans, nous concluons qu’elle a maximum 36 ans : elle pourrait très bien être sa fille … C’est elle qui nous prépare le repas avec leur femme de ménage et d’ailleurs il s’avère vraiment succulent ; bœuf en sauce au poivre de Kampot, frites et salade verte. Nous sommes tout de même un peu gênés voyant qu’elle ne s’assoit pas à table avec nous. Nous interrogeons Mike et il nous explique naturellement que les cambodgiens sont de nature très pudique avec les étrangers et que de toute manière, la cuisine européenne n’est pas vraiment appréciée ici. Nous trouvons cela dommage d’autant plus que c’est elle qui a préparé le repas sans même aimer ce qu’elle cuisine : elle préfère rester à l’écart et continuer son canva dans le silence. Quoiqu’il en soit, nous profitons d’un agréable  après-midi en compagnie de Mike et sa femme ponctué de rires et d’anecdotes khmères. Ils nous relatent également leur premier voyage qui se déroula en Suisse, dans le pays natal de Mike. Toutefois,  cette première escapade hors Cambodge, reste un souvenir laborieux pour Sri Po qui n’aime ni voyager ni la cuisine occidentale, cette dernière la rend extrêmement malade au même titre que changement d’altitude. C’est vrai que les cambodgiens n’ont pas vraiment l’habitude des montagnes surtout les habitants de Siem Reap qui vivent à une altitude ne dépassant pas les 18 m !

Avant de rentrer à l’hôtel nous donnons rendez-vous à Mike en fin d’après-midi vers 18h30 à son bar préféré « le Mexican » qui par coïncidence, se situe juste en bas de notre hôtel  après quoi nous irons diner en ville.

 

Chaussettes cambodgiennes dans un bar mexicain !

Ainsi, nous nous retrouvons au bar « Mexican »avec Mike, qui nous offre les boissons. Il nous a aussi apporté un petit cadeau à Amandine et à moi que nous ne sommes pas prêtes d’oublier : des « chaussettes cambodgiennes ». ! Nous avons remarqué que toutes les femmes et jeunes filles d’ici portent des chaussettes et des gants sous un soleil qui chauffe à 40° ! Bizarre non ??

Il ne me semble pourtant pas avoir vu de neige ou de station de ski dans le coin… et nous n’arrivons toujours pas à comprendre comment elles font pour résister sous cette chaleur intenable ! Mais nous apprenons vite que cela n’est qu’un de ces incompréhensibles critères de beauté ; eh oui le dicton « il faut souffrir pour être belle » est aussi valable au Cambodge ! 

En fait, ces chaussettes ces gants de laines les empêchent de bronzer et donc de pouvoir conserver une peau très blanche à l’image de celle des occidentaux. Mais pour nous c’est totalement absurde car au contraire nous avons l’habitude de voir toutes les femmes en bikini s’exposant au soleil dont l’ultime but est une belle peau homogène entièrement « caramel »  ; comme quoi nous voulons toujours ce que nous n’avons pas : les asiatiques veulent blanchir et les occidentaux veulent bronzer.

Mas pour en revenir à cette histoire de chaussettes… ici, il n’existe que des chaussettes très particulières , elles sont cousues avec une séparation au gros orteil afin de pouvoir enfiler des tongs plus facilement !

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