Roule pour Roluos !

Le Bakong

Nous rentrons à l’hôtel conduit par Vanna avec notre guide auquel nous faisons nos derniers adieux. Mais il est encore assez tôt et nous ne souhaitons absolument pas rester à nous ennuyer à au Steung Siemreap Hotel tout l’après-midi si bien qu’après réflexion nous réveillons un chauffeur de tuk-tuk perché dans son hamac qui attend impatiemment des clients depuis le début la matinée mais qui ne s’attendait probablement pas à être interrompu dans son sommeil de la sorte ! Même si nous savons d’avance qu’il nous proposera la somme de 12$, nous lui demandons combien il nous prend pour nous conduire aux temples de Roulos, situés à une petite douzaine de kilomètres du centre de Siem Reap. Il nous répond « 12$ » et nous faisons mine d’être étonnés : nous ne marchandons même pas car nous préférons rejoindre au plus vite Roluos. Nous embarquons donc à bord du tuk-tuk et traversons la ville jusqu’à la famille de trois temples.

Le Bakong est le premier des trois temples où notre chauffeur de tuk-tuk nous dépose, c’est aussi le pus majestueux comparé à ses deux compairs le Preah Ko et le Lolei qui à eux trois forment le complexe de Roluos.  Le temple bouddhiste emprunte l’architecture religieuse dite « montagne », représentation stylisée du mythique Mont Meru, à l’instar d’Angkor Wat ou du Bayon. Il fut désigné capitale de la cité à la fin du règne de Jayavaman II qui quitta les lieux quelques années plus tard en direction de Phnom Kulen pour recevoir son prestige et se faire couronner sous le titre honorifique de « roi suprême » comme le veut la religion hindoue.

Contrairement aux précédentes visites durant lesquelles nous avons toujours été assistés par notre guide spécialiste de la cité d’Angkor,  nous devons désormais nous avouer « perdus » sans lui: qui va désormais nous traduire les scènes ornant les linteaux ? , qui nous conduira, et nous donnera son avis critique sur l’architecture khmère puis répondra à nos multiples questions concernant les mystères d’Angkor ? Personne. Alors, nous nous lançons. Seuls. Sous ce grand ciel bleu cristallin, nous tentons la « tactique d’approche » de notre guide, autrement dit en entamant la visite par l’arrière du temple, car selon lui il s’agit de l’endroit le plus propice où trouver le meilleur angle de vu pour les photos. Comme des explorateurs, nous traversons la chassée surplombant la douve extérieure du colosse de latérite, puis nous enjambons quelques blocs jonchant le sol, gravissons des marches jusqu’au sommet de la tour centrale du sanctuaire, descendons, puis remontons afin d’être suffisamment satisfaits et certains de n’avoir rien négligé au sommet tout en nous arrêtant quelques fois, lancés dans notre cavale, pour nous laisser transporter au gré de nos pensées et tenter d’imaginer, par nous-mêmes, les scènes représentées sur les linteaux.  Nous capturons le maximum de clichés que nous pouvons :  une fois les photos dans la boite, nous rejoignons notre tuk-tuk .

 

Preah Ko

 

Le chauffeur du Tuk-Tuk nous conduit désormais au Preah Ko, moins impressionnant mais dont la structure et la couleur orangée me rappellent fortement les tours du temple "nain" Prasat Kravan. Dédié au dieu Shiva , ses briques safranées façonnées à la fin du IXème siècle, ont été montées une à une par les esclaves du roi Indravarman Ier  (877-889) qui signa ainsi le premier de ses chefs d’œuvres au sein d’Angkor. Ce petit temple riche de ses six tours est d’une élégance inimaginable : du haut de son humble promontoire il nous prouve que parfois, il n’y a pas besoin d’être grand ou imposant pour charmer er rayonner sa beauté dans l’univers … La lumière de fin de journée le rend d’autant plus majestueux, comme s’il vêtait une écharpe de soie aux éclats dorés.

 

Après avoir suivi une longue chaussée dont les fondations sont les seuls ruines, nous arrivons dans un vaste terrain où trône le petit temple, serré, humble et pudique. Etant dédié à Shiva, cela explique la présence de trois nandins, taureaux sacrés et montures de Shiva, que je ne manque pas de remarquer à l’entrée des six tours devant lesquelles ils semblent monter la garde. Nous sommes assez "fiers" d’avoir pu reconnaitre l’identité de ces taureaux sacrés alors que notre guide n’est même plus là pour nous expliquer ! Si nous n’avions pas eu de guide, nous serions peut être passés devant ans même leur avoir adressé un coup d’œil,  mais nous n’avons vraiment pas de quoi nous vanter puisque nous sommes encore bien loin de devenir experts en matière d’art et de religion khmère…

Plus loin, quelques marchent permettent d'accéder à la terrasse dont les tours sont  gardées par ces lions à la gueule ouverte qui ornent chaque entrée de temple. Les trois plus hautes tours étaient dédiées au culte des  rois tandis que les trois plus petites célébraient la beauté des reines. Le tour est vite fait mais étrangement, nous y restons tout de même plusieurs heures alors que nous ne parvenons pas à déchiffrer les gravures et les colonnades, nous faisons un premier tour, grimpons les marches, déambulons à travers les six tours, descendons les marches  puis recommençons encore et encore, nous ne voulons plus le quitter…

Lolei

Tout petit à côté duquel se situent une pagode et des habitations de moines, il fut édifié au IX siècle sous le règne de Yaçovarman Ier. On ne sait pas exactement la fonction que ce temple occupait mais l’on sait juste qu’il s’agissait d’une petite « ile » perdue au milieu du baray Indratatâka, commencé par le roi Indravarman Ier puis achevé par son fils Yaçovarman Ier qui avait en tête les plans d’un réservoir d’eau pus grand et plus fonctionnel que celui de son père. Lolei est peut être notre plus grande déception des temples d’Angkor.

Lorsque nous arrivons sur le site nous ne parvenons même pas à trouver un angle de vu où nous pouvons ne pas voir les échafaudages servant à la rénovation du temple en ruine. Nous faisons quand même le tour mais sommes plus attirés par les rizières qui s’étalent à l’horizon que par la structure en mauvais état !

 

Notre attention est attirée par un jeune instituteur qui vient à notre rencontre nous proposer de visiter salle de classe située sous les pilotis d’une maison de moines. Tous ce que nous apercevons dans la direction qu’il nous indique en tendant le bras sont quelques chaises aménagées autour d’un tableau à craie. Nous refusons poliment son offre, un peu fatigués de cette journée et dessus par  le temple que nous avons devant les yeux. Nous retrouvons donc notre tuk tuk auquel nous demandons de raccompagner à l’hôtel juste après avoir fait une photo des rizières que nous apercevions depuis les hauteurs du plateau du temple.

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