Au pays des pierres précieuses

Mines de pierres precieuses de Bokeo

 

A partir du moment où j’ai appris que la région abritait des mines de pierres précieuses, je n’ai plus lâché Deth du voyage jusqu’à ce qu’on se trouve devant les mines. Comme l’après-midi nous n’avons rien de prévu et que les chercheurs s’activent à quelques 28 km de Ban lung, nous prenons le chemin des mines ; c’est la ruée vers le zyrcon …Nous arrivons aux alentours de Bokeo par un chemin terreux bordé de champs de manioc et d’hévéas pour y découvrir les mineurs au travail.  Nous traversons un terrain d’anciennes mines où des boyaux sont creusés profondément. Nous n’arrivons même pas à en voir le son même en faisant l’effort de nous pencher au maximum sans risquer de faire un faux pas et plonger la tête la première dans ces trous peu rassurants. En général, les terrains déjà fouillés se reconvertissent en une vaste plantation d’anacardiers tandis que ceux en activité sont protégés par une bâche fixée à l’aide de piquets en bois. Lorsque nous parvenons sur le périmètre en activé ne couvrant que quelques mètres carrés, nous sommes accueillis par des rires d’enfants jouant dans les trous abandonnés tandis que les parents cherchent les pierres.

 

 

Les hommes plongent dans les cavités très étroites alors qu’ils ne possèdent qu’une corde accrochée à leur taille en guise de protection et reliée à une poulie grinçante. Une lampe leur permet de voir dans l’obscurité et d’arracher des pans de terre entiers mains nues. Les sceaux une fois remontés, sont vidés sur le sol , ensuite c’est parti pour un second tour, puis un troisième et un quatrième…. La concurrence est difficile entre les dizaines de trous creusés mais le travail se déroule dans la bonne humeur sans qu’il n’y ait de conflit. Ces gens renouvellent leur contrat chaque année pour loue leur terrain mais il leur est difficile de faire beaucoup de bénéficies... En haut, les familles femmes et enfants cherchent les minéraux précieux à longueur de journée Leurs mains sont imprégnées de terre si bien que même avec de l’eau elle ne pourrait complétement disparaitre ! Dans cette partie du territoire, le minéral recherché est de couleur bleu foncé mais d’en d’autres mines plus éloignées il prend différentes teintes rouge ou ocre.  Nous observons le travail minutieux des miniers, étonnés qu’ils parviennent à vivre de ce travail harassant, d’autant plus qu’aujourd’hui le soleil vient de se lever dégageant une vague de chaleur étouffante.

 

Nous passons devant « le bistro des mines » qui fournit bouteilles d’eau et sodas aux nombreuses familles. Nous faisons le tour de chaque famille, attendant de voir la proposition qu’elles nous font pour leurs plus beaux minéraux. Nous concluons qu’il ne s’agit que de semi-pierres précieuses puisque ne dépassant pas un prix de 20$ et 10$ après avoir marchandé, le minéral ne doit pas être si rare que nous le pensions. Nous achetons le plus gros fragment que nous trouvons qu’une dame âgée nous met sous le nez lorsque nous passons près de son abri. Un peu plus loin, nous arrêtons devant une famille en en plein triage de la terre. Une jeune fille de mon âge abandonne l’école pour reprendre le métier de sa mère, je ne comprends toujours pas son choix mais sans doute ne l’a-t-elle pas décidé seule…

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