Phnom Srei et Phnom Pros ou Wat Hanchey ???

Le Wat Hanchey

 

Nous demandons à Vanna de nous conduire sur le flanc des deux célèbres collines « L’homme et la femme montagne » dénommées, en langue khmer, « Phnom Srei et Phnom Pros » qui font la réputation de la bourgade en raison de l’incroyable légende qui les anime et qui embellissent la dimension attractive et touristique de Kompong Cham. Notre chauffeur, n’ayant prévu ce détour à Kompong Cham, qui je le concède n’était pas programmé initialement, accepte néanmoins de répondre à notre requête comme s’il connaissait parfaitement la ville, et décide de nous conduire au pied de ces collines pour lesquelles il ne possède la moindre idée de leur emplacement. Nous partons alors sur un chemin terreux, sans appréhension puisqu’il nous affirme qu’il nous y amènera et, dans la mesure où il s’est avéré être excellent chauffeur depuis le début de notre périple à l’intérieur du pays, nous lui accordons notre entière confiance.

 

Par ailleurs, dissimulant son malaise, il emprunte ce chemin tortueux qui lui semble être le bon, en espérant qu’il aboutira à notre destination. De nature plutôt réservée et pudique, il n’ose nous avouer qu’il est dans l’incapacité de nous y conduire. C’est ainsi que nous débarquons, après une demi-heure de trajet environ, au sommet de Wat Hanchey puis que nous nous rendons compte de l’erreur de Vanna nous ayant amenés ici par défaut de trouver ce pourquoi nous sommes venus. En profitant de notre ignorance des lieux, il nous a fait croire que nous nous trouvions à Phnom Srei et Phnom Pros, ce à quoi nous avons cru jusqu’à notre retour à l’hôtel le soir venu. Comme nous ne connaissons pas l’endroit ni la ville nous tombons directement dans le piège sans même l’ombre d’un doute. Nous aurions dû envisager plus sérieusement la faute, ou l’intention première de nos guides fatigués de nous conduire, nous aurions dû voir nos suspicions naitre dans cette erreur alors que nous avions confiance en eux. 

En effet, si nous avions lu plus attentivement le guide papier, et pas seulement le titre, nous aurions pu comprendre tout de suite que la colline de  « L’homme et de la femme montagne » était un complexe religieux composé non pas d’une mais de deux collines, ce qui nous aurait interpellé dès le moment où nous serions descendus du van pour nous promener sur l’unique colline du Wat Hanchey : nous aurions découvert le dessein pas vraiment intelligent de nos guides.

Pourquoi ne pas nous avoir dit tout simplement qu’ils ne connaissaient pas les lieux ? Cela aurait été plus simple, pour eux et pour nous. Mais dans cette histoire, chacun prend sa part de responsabilité et nous reconnaitrons plus tard, après que notre colère soit passée, que nous avions eu tort au même titre que nos guides, que nous aurions dû superviser le détour imprévu avec plus d’intention, ce pourquoi nous décidons finalement de ne pas prendre en contre la faute.

 
 

Et finalement, non sans être déçus de la visite des deux collines, la balade que nous effectuons au Wat Hanchey se révèle tout aussi agréable. Si nous étions allés directement aux pieds des deux collines, nous aurions raté ce spectacle. Le lieu, localisé en hauteur de la bourgade, constitue un important point de rendez-vous de tous les jeunes de la ville. Ils y apportent des bières ou de l’alcool en tout genre tandis que d’autres préfèrent commander un délicieux nectar de canne à sucre préparé artisanalement par quelques femmes au sommet. Nous y découvrons un remarquable sanctuaire en brique du VIIIe siècle et plusieurs habitations de moines qui étendent leurs toges mouillées sur leurs balustrades, que nous estimons déjà bien assez colorées comme ça sans qu’elles n’aient besoin d’une couleur safranée additionnelle ! Outre le côté très « kitch »  de l’endroit décoré de multiples statues de plastique  prenant forme d’animaux et de fruits, de bâtiments peints de couleurs vives, de toits reflétant les dorures éparses du soleil, de bars en plein air, d’aires de pique niques, de points de vue sublimes et des jeux d’enfants au pied de Wats rayonnants, le sommet nous offre un agréable panorama sur le Mékong et les bourgades avoisinantes. Cependant, ce lieux se révèle être plutôt très agréable pour des amoureux en quête d’intimité, pour des familles possédant de nombreux enfants, et pour le repos des écoliers khmers mais la promenade nous ennuie rapidement, et l’oisiveté ne doit empiéter sur notre voyage, ce pourquoi nous décidons de nous rapprocher du centre de la ville de Kompong Cham, depuis laquelle nous pourrons atteindre le Wat Nokor très aisément.

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