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Banteay Kdei

 

Enfin, pour notre dernière visite après laquelle nous dirons adieu à notre guide. Banteay Kdei, la "citadelle des Cellules" est un vaste complexe bouddhique  datant aux alentours du XIIe siècle œuvré sous le règne du grand et célèbre Jayavaman VII, bâtisseur d’Angkor Thom. Son architecture plane lui permet d’être classé parmi les temples  « plats » qui sont comme son nom l’indique le contraire des temples montagnes, aux marches indomptables !

Nous pénétrons dans le temple par le gopura oriental qui me rappelle étrangement les tours du Bayon. Le sommet de l’entrée est cerné par quatre de ces gros visages souriants caractéristiques de l’époque du règne de Jayavarman VII tandis que les angles entrants de part et d’autre de la porte colossale sont flanqués de statues de Garuda, la monture mythique mi-homme mi- oiseau de Vishnou. Le sentier se poursuit sur quelques mètres jusqu’à ce que nous parvenions au pied d’une terrasse surélevée dont les balustrades extrémistes sont sculptées de Nagâs à l’image de leur perfidie. La terrasse déformée par les racines de fromager est bordée par deux sanctuaires, un dédié au roi Jayavarman VII et l’autre à son gourou, tels que nous avons pu les voir au Bantey Srei mais ce n’est pas le détail qui nous marque le plus, je pense que nous sommes tous envoutés par la magie que procure le contact avec les pierres ciselées anciennes de dix siècles.  

 

Nous arrivons au centre d’une tour  de la troisième enceinte où siège un Bouddha dans sa position de méditation. Est-ce déjà la fin ? Eh bien  non, loin de là… Derrière la statue une « roue de la justice » est cachée par les toges colorées qu’un moine a installées sur l’autel aux prières.

Plus loin, au cours de notre promenade, notre guide, nous fait remarquer de superbes colonnes où sont représentées de nombreuses danseuses d'Apsara. Il s'agit de l'entrée d'une salle de danse. Et si l’on possède un peu de patience, le temple nous révèle ses colonnes et ses piliers, tous ornées de ces nymphes célestes dansant, tournant, rigolant et nous fixant de leurs incroyables yeux perçants et de leur sourire envoutant !  Rester dans cette salle plutôt chaleureuse nous donne aussi l’envie de prendre part à la danse, de nous déhancher, de rire et de reproduire les pas auprès des apsaras qui, figées dans la pierre, semblent pourtant si débordantes d’énergie et dotés de vie.

 

 

Nous traversons enfin une petite cours et accédons à l’enceinte extérieure ouest du temple où les fromagers ont posé leurs racines, si étroitement que l’on pourrait croire à une preuve d’amour … De la même façon dont nous avons procédé pour visiter les autres temples, notre guide nous amène derrière le pan de mur du dernier gopura, « c’est de l’extérieur que nous avons les meilleurs angles de vue pour prendre les plus belles photos » nous affirme-t-il. Ce qui contribue à le rendre expert et professionnel dans sa manière de nous faire découvrir la cité est qu’il choisit toujours les endroits les plus incertains auxquels nous n’aurions jamais pensé nous rendre sans guide, et d’ainsi nous pousser à imager la structure d’un pont de vue bien précis. Parfois il nous demande de nous percher en hauteur sur un rempart effondré  ou de nous pencher à travers des dédales de pierres empilées, écroulées, couvertes de lichen ou piégées dans les tentacules indestructibles à main nue; c’est alors que nous nous apercevons vraiment que nous avons un guide formidable qui a acquis des années d’expérience à errer au cœur de cette cité longtemps oubliée.

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