Route vers Kompong Cham

Départ du Mondolkiri

Sen Monorom.Nous commandons des pancakes à la banane au Khmer Kitchen, les engloutissons puis planifions le déroulement de la journée avec Deth. Il n’a aucune idée de ce que nous pourrions faire pour remplacer la journée supplémentaire que nous aurions dû passer au Mondolkiri. Encore une fois, nous avions prévu ce contretemps et après avoir longuement discuté dans notre chambre la veille,  Amandine Papa et moi avons convenu de proposer à Deth et Vanna de nous conduire à Kompong Cham puis de nous trouver un guesthouse de dernière minute dans la ville. De plus, sachant que le lendemain, nous aurions dû faire plus de 6h de route vers Phnom Penh depuis Sen Monorom, nous ne sommes pas peu fier de rajouter une étape entre le Mondolkiri et la capitale afin de rendre le trajet plus…« potable ».

Quelques minutes plus tard, nous prenons la route direction Kompong Cham sur l’accord taciturne de Deth et Vanna. Néanmoins, avant de faire nos adieux à Sen Monorom, Deth est chargé de s’arrêter pour un repérage dans la bourgade. Mike (son patron) lui a donné le plan pour atteindre un petit hôtel luxueux perché au sommet d’un vallon montagneux. Nous nous y rendons tous .Il entame alors un interrogatoire avec le gérant de l’hôtel qui aboutit à la signature d’un contrat! Pendant  leur entretien nous profitons de l’arrêt pour nous dégourdir les jambes et  admirer la vue sur les montagnes ondulantes depuis la terrasse de l’hôtel. La discussion n’aura pas été longue mais bénéfique pour l’agence. Deth a la conscience tranquille, ainsi nous pouvons repartir pour quelques heures de route …

Wat Nokor - Kompong Cham

 

Kompong Cham est le chef-lieu de la province du même nom, la province la plus peuplée du pays qui possède une démographie dépassant les 1.5 millions d’habitants. Ainsi, elle arrive en troisième posture des villes les plus peuplées du royaume dont Phnom Penh possède la médaille d’or, néanmoins c’est un titre qui lui confère sa notoriété et son attractivité dont elle n’a toujours pas été déshéritée, et ce depuis très longtemps. Alanguie sur la rive droite du Mékong, la bourgade a hérité de bâtiments coloniaux incluant son célèbre phare offert par la France, depuis l’instauration du protectorat sous Napoléon III qui s’acheva au milieu du XXe siècle.

 

 

La région, et la ville tirent leur nom à la fois de leur situation géographique et de leur histoire : « Kompong », signifie, en effet, dans la langue nationale, « au bord de la rivière » faisant allusion au célèbre fleuve qui traverse le sud-est de l’Asie, le Mékong, tandis que « Cham », se réfère à l’ethnie cham qui peuplait, jadis, les lieux après avoir été vaincue et repoussée par la puissance du royaume des Viets ( vietnam).

Ces chams chassés de leur territoire s’habituèrent à la douceur estivale des brises que leur offraient le Mékong ainsi que la période plus humide des moussons, ils engendrèrent une main d’œuvre florissante au commerce qui connaissait parallèlement un essor retentissant au cœur du petit royaume khmer notamment avec l’aide de la capitale de Phnom Penh ainsi que plusieurs villes du Sud comme Sihanoukville qui se munirent de ports à but commercial. Aujourd’hui délocalisé dans le petit village de Rokar, situé au sud de la ville, ce peuple  de l’ancienne Champa, qui fut de nature musulmane pour la grande majorité de ses individus, est le reflet prestigieux de Kompong Cham.

Ainsi, nous laissons derrière nous les vallons campagnards, les chemins pourpres bordés de plantations d’hévéas et les rizières verdoyantes pour arriver à Kompong Cham en début d’après-midi. Deth et Vanna nous « jettent » encore une fois dans un restaurant sans que nous ayons eu le temps de leur demander de visiter le phare français, avant le déjeuner ! Celui-ci semble nous narguer du haut de ses multiples étages vêtus d’un revêtement pourpre et jaune, localisé sur l’autre côté de la rive. Nous trouvons vraiment détestable de ne pas avoir pu nous y rendre avant le déjeuner mais étant donné que nous avons tout l’après-midi à passer en ville, nous ne nous faisons pas plus de souci que nécessaire, nous y retournerons donc juste après.

Notre restaurant se nomme le « Mékong Sunrise », la cuisine y est très bonne et le cadre, encore plus délectable ! Pour l’occasion, je commande des crevettes aux légumes frits accompagné de riz blanc tandis que papa, ne supportant plus l’arôme du riz, et la cuisine asiatique pour parler plus généralement, préfère commander des nuggets de poisson avec des frites,( alors c’est qui l’enfant ? ;)). Bien sûr ce refus de la cuisine asiatique n’est que temporaire.

 

Le Phare Français

 

Au cours de l’après-midi déjà bien avancé dans le temps, nous traversons le pont sur la rive opposée du restaurant afin de rejoindre l’ancien phare français qui conserve une allure de mosquée avec sa coupole rouge ornée de bordures jaune pales. L’ancien phare domine le fleuve de toute sa grandeur. Nous tentons d’accéder au sommet par une espèce d’échelle en ferraille mais l’ascension s’avère plus vertigineuse que prévue…et beaucoup plus longue ! Après avoir grimpé le premier étage, nous décidons de redescendre pour terminer la visite de la ville car le temps nous presse.

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