Déjeuner et escale au Prasat Kravan

Un déjeuner au cœur d’Angkor

Cette première matinée à Angkor aura été très éprouvante. Il faut dire que notre guide est particulièrement exceptionnel, son sourire et ses blagues parviennent à cacher les cicatrices d’un triste passé… Mais nous profitons vraiment de la journée et notre tuk tuk nous dépose finalement dans un restaurant qui fait face au lac Sra ung , cet immense bassin royal qui protège l’enceinte d’Angkor Vat. Je déguste rapidement mon assiette de crevettes, papa et Amandine en font de même et nous reprenons notre périple à la découverte des temples d’Angkor ….Avant de partir, des enfants nous harcèlent de leurs innocents « hello sir » dits sur un ton tellement martyrisé que nous sommes tout de suite conquis ! Ils nous poussent  à acheter leur souvenirs (sculptures en plastique et autres babioles sans intérêt) . Nous sommes vraiment très surpris lorsque certains d’entre eux, ayant reconnu nos têtes de bons français, nous demandent des euros ! Ils sont vraiment très malins car ils savent impertinemment que notre monnaie est beaucoup plus chère que la leur... Cela nous surprend tellement ; ces enfants de moins de dix s’y connaissent si bien en buisines alors qu’ils ne vont probablement pas à l’école, que nous sortons de nos poches quelques pièces trainant depuis le début du voyage. Lorsque nous leur offrons un ou deux euros ils sont tellement contents qu’ils nous remercient mille fois et nous souhaitent une agréable journée. Alors que le tuk tuk démarre, nous les voyons nous faire de grands gestes s’empressant de ranger précieusement leur trouvaille dans une poche ou dans un sac pour pouvoir les ressortir triomphalement devant leurs parents en fin de journée.

Le petit Prasat Kravan

 

Avant la visite tant attendu du plus célèbres et probablement du plus beau temple d’Angkor, notre guide tient absolument à nous faire visiter  un temple « nain ». Comme leur nom l’indique les temples nains sont tout le contraire des temples montagnes impressionnant de leur hauteur céleste dont on peut gravir le sommet par une ribambelle de marches étroites si ce ne sont pas des gradins ! Les temples « nains » sont édifiés au niveau du sol, leur signification est  très mal connue mais surmontés de tours toutes  aussi magnifiques que celles des temples montagnes, il serait dommage de passer à côté… Parmi ses préférés notre guide nous accompagne au Prasat Kravan, un vrai bijou de gré couleur safran édifié au début de Xe siècle par Harshavarman Ier et ses dignitaires, un roi peu connu mais qui laissa un beau cadeau à l’ancienne capitale …

 

Nous avons énormément de chance car lorsque nous nous y rendons, les « moutons » (mot employé par notre guide pour désigner les touristes japonais et coréens) sont tous à table ou en visite des temples les plus célèbres nous laissant le champ libre sur les sites mineurs d’Angkor. Prasat Kravan, ce petit temple non connu édifié en 921 pour le culte hindou, n’en n’est pas moins dénué de magie. Sous un ciel bleu, ses cinq tours orangées, abritent de splendides  sculptures ciselées. Nous passons une première tour condamnée sans nous y arrêter et pénétrons directement dans la tour centrale du temple, la plus grande. Le linteau des portes garde des traces sanskrites que j’aimerais tant déchiffrer… Très vite l’intérieur devient plus attrayant, des immenses gravures en relief  représentent Vishnou et ses femmes. Le mur du fond est orné d’un Vishnou aux huit bras; sur le mur de droite, il chevauche un Garuda tandis que sur le mur de gauche, Vishnou parcoure symboliquement l'océan. Sur cette dernière gravure il est représenté à quatre bras, un pour chacun des quatre éléments, l’eau, la terre, le feu et l’air. Dans la troisième et dernière tour, les bas-reliefs représentent Laksmi, l’épouse de Vishnou, accompagnée de ses orants. Plusieurs colonnes octogonales donnent sont charme au temple mais ce sont réellement la couleur des briques enchevêtrées et rodées entre elles qui font de ce sanctuaire hindou un chef d’œuvre de l’art khmer. Une chose curieuse contribue à le rendre très attrayant ; le fait qu’il possède un jumeau à quelques kilomètres de là, célèbre pour être surnommé « le Temple de la Dame Noire »

Représentation de Vishnou parcourant l'océan muni de ses quatres attributs

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