Une journée à la “Middle point English boarding high school”

 

Ce matin, nous sommes réveillés par les chants des sirènes du trafic népalais. Le temps semble favorable à une journée très ensoleillée au vu de la chaleur matinale. Les odeurs  des cires et de l’encens enflamment les rues de Katmandou en plein éveil.

L’un de nos superviseurs ayant des maux d’estomac, est obligé de s’absenter durant cette journée qu’il passera à l’hôpital. Ce petit contre temps nous retarde légèrement alors que nous nous apprêtions à prendre le trajet de l’école. Finalement, une autre coordinatrice remplace notre superviseur puis nous partons avec une demi-heure de retard.

L’organisation est également modifiée à la dernière minute. Notre chauffeur nous conduit à travers les rues de la capitale jusqu’à la Genova Global school (Katmandu satpragya school), où nous avons passé la première semaine du voyage à peindre les murs des classes. Selon notre programme, nous aurions dû débuter les activités avec les enfants que nous avons planifiées la veille mais au dernier moment, on nous annonce que nous changerons exceptionnellement d’école si bien que nous reprenons la route pour la « Middle point  english boarding high school » avec surprise. On nous avait prévenu que le programme fourni avant notre départ n’était pas une planification définitive, ce pourquoi je ne m’inquiète pas vraiment de ces modifications puisque nous l’avons adapté constamment depuis notre départ, en déplaçant des activités, en ajoutant des visites ou en décalant des heures de travail. Ces petites directives imprévues donnent du piment au séjour et nous confrontent aux véritables aléas du voyageur humanitaire et du volontariat. 

L’organisation éducationnelle

Lors de notre arrivée, nous sommes surpris par le bâtiment dont l’agencement semble, d’un point de vue esthétique et fonctionnel, beaucoup plus rustique et précaire que celui dont nous avons rénové les murs pendant notre première semaine d’action. Le siège de l’école se situe dans une rue périphérique aux grands carrefours de la capitale. Elle coincée dans un quartier étroit  et difficilement accessible en voiture. L’entrée est relativement accueillante. On remarque notamment des couleurs vivent qui émaillent le complexe décoré de fresques enfantines.

La Middle point  english boarding high school est une école primaire prenant en charge des enfants âgés de 6 à 16 ans. Comme de nombreuses institutions éducatives au Népal, cette école figure parmi les plus démunies. Les classes sont très resserrées, accueillant une quinzaine d’élèves assis sur de bancs décrépis et ne possédant que le strict minium en termes de matériel scolaire. Chaque classe se limite à un crayon et quelques stylos pour un enfant. Elles sont équipées d’un tableau à craies et de tables pour les élèves mais ces derniers évoluent dans un espace extrêmement restreint. L’école ne possède pas cour de récréation officielle et les enfants, accompagnés de leurs instituteurs, doivent traverser la rue qui jouxte l’entrée pour pouvoir bénéficier d’un terrain de jeu. En matière de sécurité, cet agencement officieux pourrait s’avérer dangereux si un enfant venait à traverser seul la route après s’être échappé du groupe. Cette rue est certes peu empruntée mais les véhicules circulants démultiplient le risque d’accident. Néanmoins, les professeurs et les membres du personnel éducatif témoignent de l’hospitalité népalaise. Leurs actions au quotidien expriment leur volonté d’améliorer l’environnement de travail des enfants dont ils assurent la sécurité.  

Les éducateurs, les maitresses d’école ainsi que le directeur principal nous réservent un accueil très chaleureux. Notre arrivée débute par une courte introduction, suivie de la visite des classes où les professeurs inculquent les savoirs faire et les connaissances nécessaires à l’éducation des enfants. Les cours d’apprentissage me semblent très animés, sérieux et exécutés dans la bonne entente. En effet, l’avenir de l’enfant est la cible des programmes proposés par l’école, laquelle privilégie un développement artistique, cognitif et émotionnel. Il s’agit de promouvoir les arts, les langues, l’apprentissage des cultures et les sciences au service de leur ouverture d’esprit. D’autre part, l’apprentissage de l’anglais est favorisé par les instituteurs, conscients des enjeux de la mondialisation actuelle, bien que la pratique de la langue népalaise  demeure dans les programmes officiels.

Notre rôle de volontaire pour la journée

Avec les autres volontaires, nous avons constitué des groupes de 4 ou 5 personnes afin que nous pussions interagir avec le maximum d’élèves. Nos superviseurs nous laissent choisir les classes d’âge des enfants avec lesquels nous aimerions passer la matinée après quoi nous échangerons de classe, par roulements, afin de pouvoir élargir l’éventail des rencontres.

Les groupes constitués, nous organisons le roulement avant de pouvoir nous confronter aux élèves. Avec cinq autres volontaires, nous avons choisis d’animer une classe de « grade 2 » ce qui correspond à des enfants âgés de 7 à 8 ans. N’étant pas qualifiés en tant qu’enseignants ou en tant que professeurs des écoles, les autres volontaires et moi-même semblons un peu déstabilisés lorsque nous arrivons devant la classe. L’enseignante nous accueille gentiment bien qu’elle soit elle-même un peu déboussolée. Nous lui exposons le programme et les activités que nous avons prévus puis elle nous relaie la responsabilité des élèves bien qu’elle nous assistera toute la matinée. Je prends donc l’initiative de me présenter devant le groupe d’enfants timides, ce qui détend légèrement l’atmosphère.

Classe (7-8 ans) - Middle point english boarding high school

Enseignantes Elèves
Bidnya Puja
Lalita Kaish
Avisnek
Aashish
Saothak
Muskan
Pradhin
Ninu
Pravesh
Sakshyam
Aashika
Aron
Jamuna

Après les présentations, nous leur expliquons les enjeux de notre journée d’action au sein de l’école en tant que volontaires. La plupart des élèves ne semblent pas vraiment comprendre l’anglais si bien que nous décidons de débuter les activités avec eux sans plus tarder. Très vite la timidité laisse place aux bavardages et à la joie. Nous leur proposons de leur lire une histoire qu’ils auront désignée parmi l’un des livres que nous avons apportés. Nous leurs présentons les différents ouvrages puis les enfants choisissent unanimement l’histoire de Thumbelina qui semble être très populaire dans toutes les écoles primaires du Népal. Ainsi nous leur faisons la lecture terme de laquelle nous leur donnons pour consigne  d’esquisser un dessin en rapport avec un épisode du conte. Certains décident de prendre les modèles dans le livre tandis que d’autres préfèrent voguer à leur imagination.

Puisque certains élèves ne souhaitent pas respecter notre suggestion, nous leur proposons plutôt de dessiner des animaux ou bien n’importe quel sujet de leur choix. C’est à ce moment-ci que  la séance lucrative et éducative prend toute son ampleur. Les enfants s’emparent tous d’une feuille de papier et commencent à dessiner à l’aide de leurs uniques crayons gris.

Constatant le peu de matériel dont ils disposent, je décide de leur distribuer des textures et des feuilles colorées, des papiers crépons, des gommettes et des paillettes que j’avais apportés dans mes bagages afin qu’ils puissent réaliser de beaux chef d’œuvres. Les filles adoptent un air extatique lorsque nous leur présentons les paillettes tandis que chacun des volontaires s’occupe à satisfaire leurs demandes.

Je leur découpe des formes dans des papiers de couleur avec l’unique ciseau disponible dans la classe et chacun des enfants attend son tour pour pouvoir disposer de la seule colle afin de parachever son dessin. En raison de ce manque de matériel, nous essayons de nous adapter afin de satisfaire les enfants durant cette journée. Puis lorsque nous leur donnons des élastiques pour pouvoir créer eux-mêmes des bracelets colorés, la classe devient une immense cour de récréation où les sourires jaillissent des visages illuminés à la vue de cette activité inédite.

Je pense que les préparations que chacun des volontaires, comme l’apport de livres ou de matériel pour ma part m’ont permis une implication plus poussée dans mon travail. Même les maitresses des autres classes profitent de l’animation.

Deuxième classe

En début d’après- midi, il ne nous reste qu’une demi- heure pour profiter des enfants avant notre départ. Nous décidons d’aller visiter d’autres classes et, un peu par hasard,  pendant les derniers instants qui nous restent nous nous retrouvons avec  des élèves de 8 ans auxquels je distribue également quelques papiers à dessin.

Classe 2 (7-8 ans) - Middle point english boarding high school

Elèves
Subina
Shaptika
Sushmita
Caisteen
Pasang
Projal
Sachin
Shishir
Raj
Safal
Kushika
Suhana
Manish
Aarchana

Les remerciements

Le temps passe très vite et lorsque nous quittons le bâtiment de l’école, nous retrouvons les autres volontaires à l’extérieur ainsi que le proviseur qui nous a organisé une cérémonie d’adieux avant notre départ. Chaque volontaire se voit remettre une écharpe ainsi que le « tilak » rouge sur le front. Nous remercions particulièrement les membres du personnel et les professeurs pour leur accueil et pour l’opportunité qu’ils nous ont offert de pouvoir exercer notre rôle de volontaire au sein de leur établissement. Déchirés par ces adieux, nous nous enfonçons dans la jungle de katmandou où leurs visages fondent déjà nos immortels souvenirs.

 

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