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Premières impressions de la capitale

A l’inverse de mes attentes, je découvre une capitale baignée dans les rayons du soleil d’Asie tandis que je m’apprêtais à voir s’abattre les précipitations la mousson annuelle durant tout le déroulement du séjour. La chaleur est oppressante et les rêches miasmes de la pollution viennent embrasser nos narines. Nous nous faufilons aux travers des rues délabrées et les quartiers précaires de Katmandou.

Depuis le tremblement de terre ayant sévit le 25 avril 2015, la ville a été plongée dans un immense chaos. Les conséquences de cette catastrophe naturelle sont d’autant plus visibles que l’épicentre du séisme fut localisé dans la capitale même. Ainsi, je découvre le marasme dans toute sa splendeur : ici évolue une marée humaine qui fourmille dans le sous-continent indien. Cette facette du Népal est surement celle qui se veut la plus déplorable du pays. Tous ces visages à la peau sombre arpentent les rues jonchées de nids de poule seulement  comblés par des poubelles aux relents impérieux. Des mendiants cadavériques, des multitudes de chiens malades et maigres survivent au cœur de cet immense ensemble divergent. Des commerçants sur la bordure des trottoirs avariés, et des marchandes de légumes vêtues de saris pétillants, peuplent les rues étroites et précaires. D’autres vont et viennent en transportant des paniers de mangues, de bananes et de grenades, des épis de maïs, des herbes et des noix, sur des vélos aménagés en transports ambulants. Des visages plus sombres s’éveillent sous les tentes de fortune posées au bord de la rivière Bagmatî, elle-même voilée de détritus en tous genres.

Il y a des hommes qui déambulent avec de volumineux paquets accrochés sur leur crâne par des tissus résistants ; ils transportent des sacs de riz, de graines et de légumes en tout genre qu’ils s’apprêtent à vendre au marché. Chaque recoin de la ville est utilisé comme support de vente. Les habitants s’installent à même le sol avec des chiffons sur lesquels ils disposent leur marchandise : de la nourriture tels que poissons, viandes, légumes, fruits et graines ou bien des ustensiles ménagers, des vêtements, des tissus et des Saris. Certaines boutiques semblent plus « occidentalisées ». Je retrouve notamment quelques marques telles que Zara, KFC ou McDonald qui disposent des plus gros locaux.

En général, la plupart des bâtiments, seulement revêtus d’une armature de briques collées par du ciment approximatif, composent les habitations de cette population citadine très pauvre. Le récent tremblement de terre a condamné de nombreuses routes devenues impraticables à cause des amoncellements de gravats issus de ces immeubles fragiles. Des temples, coincés entre les barres d’immeubles semblent aussi avoir subi les courroux de cette catastrophe. Ils sont partiellement effondrés comme tout le reste de la ville qui se réveille au lendemain d’un cauchemar monstrueux si bien que de nombreux ouvriers travaillent d’arrache-pied pour pouvoir dégager les rues des débris.

Ainsi nous progressons dans cette vague meurtrie. La circulation apparait tout aussi anarchique. Au Népal, les voitures roulent avec le volant à droite. Nous devons nous faufiler entre camions, scooters, tuk-tuks et vélos pour pouvoir atteindre notre destination. Les règles de circulation ne sont pas respectées, chacune des voix réservées aux véhicules des deux sens ne semblent pas même être dissociées si bien que l’on se retrouve fréquemment en face d’un véhicule circulant dans le sens contraire de notre marche. Les klaxons fusionnent avec les éclats de voix qui s’échappent des conversations multiples des habitants et des cris de chauffeurs énervés. Il faut pouvoir garder un sang-froid remarquable et posséder des nerfs d’acier pour quiconque s’aventurant au milieu de cette cohue  sans pitié. A plusieurs reprises nous nous trouvons bloqués au milieu du trafic mais nous parvenons toujours à nous en extirper grâce à notre chauffeur exceptionnel.

Le décor est identique en tout point de la ville. La densité humaine aboutit à un capharnaüm inhumain. Dans ce flot continu, les policiers essaient vainement de remettre de l’ordre bien qu’ils semblent impuissants. Nous traversons la mêlée, chacun des volontaires admirant les bâtiments, les temples, et les habitations aux ambiances de bidonville qui alternent tour à tour avec des immeubles plus neutres. Seuls dans ce chaos, les saris vifs et colorés, les drapeaux de prières, les nourritures alléchantes et les sourires de ce peuple mystique semblent redonner un souffle aux cendres d’une ville en flamme.

Commentaires (1)

Puran
Namaste, Bonjour
Merci de nous partager ces merveilleux experience avec magnifique photos autour de la vallee du Kathmandu et la beaute des paysages
Bon courage

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