La journée sportive

Ce matin, le trajet pour l’école est particulièrement long à cause du trafic généré dans le centre-ville. Nous arrivons un peu en retard à l’école, lorsque les élèves regagnent déjà leur classe après avoir chanté l’hymne national. Aujourd’hui, nous sommes mercredi et tous les élèves, des plus jeunes aux plus âgés, ont revêtus leurs vêtements de sport. J’en déduis donc que cette journée est consacrée à l’exercice physique, ce qui est surprenant si nous comparons le nombre d’élèves par rapport à l’espace sportifs qui leur est réservé : il n’y a qu’un seul terrain de sport, faisant aussi office de cour de récréation, pour 150 élèves.

Lorsque les superviseurs nous annoncent que nous n’avons, pour le moment, plus besoin de peindre avec le bleu, nous sautons tous de joie car il est vraiment très difficile de nettoyer cette texture.

Nous commençons, à l’aide de pinceaux plus fins, à tracer le contour des fenêtres à l’aide d’une peinture blanche tout aussi dense et odorante que la bleue.  Cette fois le travail est réparti entre les volontaires. Tandis que cinq personnes s’attèlent à la tâche des fenêtres, nous autres, commençons à peindre les murs extérieurs des classes de l’étage avec la peinture jaune. Comme pour les classes du rez-de-chaussée, nous aurons besoin d’appliquer une seconde couche puis de peindre la partie inférieure en bleu.

En laissant sécher la peinture jaune, nous alternons avec la peinture bleue. Désormais nous devons recouvrir la première couche de bleue des classes du bas avec une seconde. Ce bleu profond ne nous quittera donc jamais : le résultat et si joli mais la peinture vraiment insupportable au contact de la peau. L’idée du jour nous est proposée par un autre volontaire français : il nous conseille de nous recouvrir les mains de plastique afin d’éviter de nous tâcher et incroyable que puisse paraitre, c’est une idée de génie !  Nous continuons donc la peinture en recouvrant nos mains et les manches des pinceaux à l’aide de morceaux de plastiques. Ainsi la peinture pénètre moins nos peaux et l’odeur nous paraît moins forte.  

En fin de matinée, une jeune fille népalaise qui se débrouille plutôt très bien en anglais semble très intéressée par nos travaux de groupe. Elle m’aborde puis nous discutons pendant son temps libre durant lequel les garçons s’autorisent une pause football avec les jeunes élèves en pleine effervescence sportive.

La peinture, toujours la peinture…

L’après-midi déjà bien avancée, nous nous mettons à peindre la partie inferieure des classes de l’étage en bleu pendant que les élèves sont en révisions. Je remarque que les plus âgés sont en train de faire des mathématiques tandis que les plus jeunes font du sport sur le terrain de récréation.

Nous peignons également les pieds des bureaux de classe en bleu clair afin de leur redonner leur lettre de noblesse puis nous finissons par les escaliers. Très fréquemment les élèves tachent leurs vêtements par manque d’attention en voulant s’appuyer sur la rambarde encore fraichement peinte de bleue. Nous essayons de les avertir du mieux que nous pouvons mais leurs vêtements finissent par se salir sérieusement, ce qui peut paraitre embêtant dans la mesure où la peinture est indélébile.  

Les moments de fous rires

Vers 15h30, nous achevons les derniers travaux de la journée puis nous passons un bon quart d’heure à essayer de nous nettoyer les mains à l’aide du produit alcoolisé fourni par les membres de l’équipe ainsi que des lingettes pour bébé. A la vue de mon appareil photo,  les enfants encore débordants d’énergie s’amusent à prendre des poses hilarantes et comiques devant l’objectif. Ce sont surtout les garçons qui se plaisent à faire rire leur entourage et les autres volontaires en s’investissant en tant que mannequins et clowns.

Certains volontaires profitent de l’instant pour entamer une partie de foot, d’autres à jouer à « duck, duck, goose » (équivalent en France au jeu « tomate, tomate, ketchup »). Les enfants s’assoient tous en cercle. L’un d’entre eux est désigné comme étant le leader. Son rôle est de tourner autour de cette ronde en touchant le haut du crâne de chacun des élèves et en prononçant « duck » à chaque toucher. Lorsqu’il le désira, il modifiera le ton en employant un autre mot « goose ». Ainsi, l’enfant désigné, qui était assis devant lui, devra se lever et rattraper son camarade dont le but est de voler sa place. Avant de s’asseoir à la place de l’élève désigné, le premier enfant devra effectuer un ou deux tors complets en courant autour du cercle des autres joueurs contemplatifs. Si le second ne parvient pas à le rattraper, il pourra prendre sa place et c’est à l’autre enfant de devenir « leader ».

La séance de Kung Fu

Lorsque les parties de jeu prennent fin, les élèves se remettent au sport. Les instructions du professeur de Kung Fu nous interpellent alors que nous poursuivons la peinture des classes.

Tous les élèves sont alignés dans la cour en rang bien segmentés et écoutent les mots d’ordres criés par le professeur en japonais. A chacune de ces instructions, ils effectuent tous les mouvements recommandés avec une incroyable synchronisation tout en émettant des cris de guerriers  qui donnent le frisson…

Je suis fortement surprise de voir que les enfants népalais pratiquent cet art martial plutôt exercé en chine et au japon selon de techniques ancestrales.

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